Ajaccio, Dissidanse Itinéraire La danse, un acte politique !
Dissidanse, festival de danse ajaccien nous ouvre les bras d’abord en juillet jusqu’u 17, puis en octobre.
Ajaccio, Dissidanse Itinéraire
La danse, un acte politique !
Dissidanse, festival de danse ajaccien nous ouvre les bras d’abord en juillet jusqu’u 17, puis en octobre. Si les festivités estivales sont plus réduites que celles prévues en automne, elles n’en ont pas moins d’attraits et d’originalité. Comme tous les ans elles nous ménagent d’excellentes surprises et nous apportent quelques moments apaisants loin des tracas des guerres, loin des soucis qui nous oppressent et nous empêchent de vivre pleinement.
Une œuvre symbolique ! Allégorique !
La danse c’est léger. Ça questionne aussi, mais sans nous abattre, sans nous mettre la tête sous l’eau. Ça rafraîchit même en temps de canicule parce que sans en avoir l’air ça donne à voir et à réfléchir (la réflexion ne s’accommode pas toujours d’une immobilité de marbre) ; la danse nous pousse à ne plus nous recroqueviller, mais à prendre de la hauteur et à capter les vents du large.
Avec Dissidanse sous la houlette de Michèle Ettori, fondatrice de la compagnie Vialuni on aura l’occasion de découvrir Fatou Samb, à la direction de la Cie Diome FA-Dakar. Cette artiste, chorégraphe et danseuse nous vient du Sénégal et nous invite à assister à son spectacle, « Un arbre ne meurt jamais ». Une œuvre symbolique. Allégorique.
Cette pièce chorégraphique nous conte un arbre. Est-ce un fromager ? Un Baobab ? Un caroubier ? Un manguier ?... Peu importe qu’il donne des fruits ou un ombrage touffu et majestueux. Ce dont on est sûr c’est qu’il est solide, enraciné profond dans la terre. Néanmoins c’est un arbre fragile ne pouvant pas toujours résister aux tornades et aux vents violents. Alors il lutte pour sa survie, pour atteindre une résilience promesse de guérison. Magique cet arbre ? Qui sait !... De toutes les forces qui lui restent il entend célébrer la vitalité, la victoire sur la mort.
Un art du mouvement remarquable
Sur cet argument Fatou Samb utilise la danse contemporaine dans toutes ses potentialités alliées à un art du mouvement remarquable. Cette pièce, « Un arbre ne meurt jamais », sera dansée à la ZAD d’Ajaccio. Comme dans les ateliers qu’elle anime régulièrement parallèlement à ses spectacles le public ajaccien aura l’occasion de pénétrer les caractéristiques d’une danse africaine qui reflète le contemporain et la tradition en mettant en valeur la puissance du corps et l’ancrage identitaire.
Michèle Ettori, de la compagnie Vialuni, quant à elle, a imaginé une pièce inspirée par la saison estivale, si agréable à condition qu’on n’étouffe pas sous une chaleur démente, cette chorégraphie a pour nom, « Danse de Hors ». La chorégraphe, comme elle le fait souvent, va créer in situ et en composition en temps réels avec les artistes engagés une manière d’être en relation avec les éléments environnants.
Michèle Acquaviva-Pache
ENTRETIEN AVEC MICHÈLE ETTORI, créatrice de la compagnie Vialuni et organisatrice de Dissidanse.
Dans votre programme vous annoncez une fusion entre le festival de danse d’Ajaccio et celui de Bastia (Plateforme Danse). Comment cela se concrétise-t-il ?
Nous sommes désormais deux codirectrices à la tête de nos deux festivals, qui n’en font qu’un et qui se déroulent à la suite l’un début juillet, l’autre à la mi-juillet. La ville d’Ajaccio a décidé de s’associer à Dissidanse et nous a demandé d’organiser une programmation complémentaire pour le public ajaccien fin septembre mi-octobre. Nos deux organisations sont maintenant Dissidanse Itinérance. En commun nos deux festivals peuvent avoir recours parfois aux mêmes compagnies. Ainsi la Cie Hoteloko de Varsovie, qui a déjà dansé à Bastia, va venir tourner en octobre à Ajaccio…
Comment Dissidanse se situe-t-elle dans le paysage chorégraphique actuel ?
Nous faisons partie d’un vaste réseau d’échanges tout autour de la Méditerranée. Ce réseau touche également la France continentale et l’Afrique subsaharienne. Ces échanges nous sont très profitables pour nous faire connaître et pour connaître les visions des autres compagnies ce qui élargit notre horizon. En octobre, nous accueillerons le GIEC (groupe d’intervention chorégraphique corse) qui pratique une forme d’improvisation qui place la perception du présent au centre du process. Le GIEC s’est déjà produit à Bastia. Il en va de même pour Zappulla DMM Compagny de Palerme et pour la Cie La’Gradiva de Laura Desideri, qui vit et travaille à Penta di Casinca.
En octobre sur quoi allez-vous mettre l’accent ?
Nous devons toucher le plus large public possible et bien sûr les solaires. Pour parvenir à nos fins, nous travaillons avec toutes les associations du terrain qui disposent de ressources artistiques. Avec les ateliers notre objectif est de former à la danse.
Quelles sont les tonalités de vos spectacles ?
Nous misons sur la singularité des artistes qui reviennent à une forme de danse contemporaine basée sur une expression personnelle. Comme Laura Desideri avec son solo dans « Le rapt du sourire ». Comme le Congolais Jacques Ban Yanga. Comme la chorégraphe-danseuse sénégalaise, Fatou Samb, qui donnera un spectacle à Ajaccio où elle est aussi accueillie en résidence… Danser est pour moi un acte politique. Des chercheurs l’ont bien compris qui s’intéressent aux « super pouvoirs » de la danse dans notre société et à ses enjeux environnementaux.
Danser est un acte politique ? Qu’entendez-vous par là ?
La danse aujourd’hui est un outil de lutte contre les contraintes sociales qui excluent beaucoup… La danse fait le lien pour le bien vivra ensemble… Ne pas oublier l’écoute, lui accorder toute sa place, car elle est une qualité fondamentale dans toute société.
Vous avez l’habitude de proposer des ateliers au public. Pour quelle raison ?
Pour donner du plaisir à danser.
Comment se présente l’atelier de la chorégraphe, Fatou Samb ?
Il va se baser sur une danse traditionnelle des communautés, Lébou, la chorégraphe va insister sur l’expression corporelle mêlée aux percussions. Cette danse sur le N’Dawerabine s’exécute lors des fêtes et des cérémonies. Elle sert à consolider les communautés.
Quel est le parcours de Fatou Samb ?
Formée aux danses traditionnelles, elle poursuit son chemin à L’École des Sables de Germaine Acogny, initiatrice en Afrique de la danse contemporaine. Elle intègre ensuite plusieurs compagnies. Puis elle multiplie les collaborations tant avec des ballets traditionnels qu’avec des compagnies de danse contemporaine. En 2009 elle fonde sa propre compagnie, Diome-Fa et en 2018 crée le festival Njafane privilégiant le dialogue interculturel. On reconnaît également ses talents de formatrice.
Peu banal le travail de Sandrine Gout. Pouvez-vous nous parler de ce qu’elle propose dans son atelier ?
« Petit c’est grand » s’adresse à la petite enfance. Pour les bébés de 24 à 36 mois, la séance dure trente minutes. Les parents accompagnent évidemment leurs petits. Pour les 3 à 5 ans l’atelier est d’une durée de trente-cinq minutes. Dans cet atelier il s’agit de privilégier la douceur et la complicité dans laquelle la danse devient un jeu partagé. J’ajoute que pour les 3 à 5 ans cet atelier les incite à rêver en mouvement.
Pour les adultes, les ados, les enfants quel est l’objectif des divers ateliers qui peuvent être proposés ?
Quel que soit l’âge, les ateliers servent à mieux connaître son corps. A prendre de l’assurance et à être en confiance avec les autres.
Quels lieux ajacciens avez-vous sélectionnés pour le festival Dissidance ?
Notre but est de nous tourner vers les publics qui n’ont pas l’occasion de la pratique de la danse. On se produit du quartier de Pietralba — où se situe la Zone à Danser que j’ai créé — à celui des Cannes en passant par U Borgu. C’est une façon de répondre aux besoins culturels et aux envies de la population mixte d’Ajaccio.
M. A-P
crédit photo : M.A.P
Spectacles
• Lundi13 juillet, à 20 h 30 : « Un arbre ne meurt jamais » par la Compagnie Diome-FA de Dakar. A la ZAD de Pietralba.
• Mardi 14 juillet, à 20 h 30 : « Danse de Hors » par la Compagnie Vialuni d’Ajaccio.
Cour du Palais Fesch.
Ces deux spectacles sont gratuits.
Ateliers
• Dimanche 12 juillet, à 9 h 30 : Atelier de danse africaine par Fatou Samb.
ZAD, Agora des Cannes
• Vendredi 17 juillet, de 9 à 10 h : « Petit c’est grand » par Sandrine Gout.
Maison de quartier des Cannes.