« Heritage », le premier long-métrage de Baptist Agostini-Croce diffusé le 20 août à Bastia
Réalisé avec seulement 5000 euros, ce film d’horreur est le premier du genre tourné en Corse
« Heritage », le premier long-métrage de Baptist Agostini-Croce diffusé le 20 août à Bastia
Réalisé avec seulement 5000 euros, ce film d’horreur est le premier du genre tourné en Corse. Il est déjà connu et reconnu à l’international.
D’un rêve d’enfant, Baptist Agostini-Croce en a fait une réalité : réaliser un film d’horreur en Corse. « C’est par le cinéma d’horreur que je suis entré dans le cinéma. Il était donc naturel que mon premier long métrage appartienne à ce genre », confie-t-il. Passionné par le found footage, ce format qui donne au spectateur l’impression de regarder des images retrouvées, comme dans Le Projet Blair Witch, REC ou Paranormal Activity, il nourrit depuis plusieurs années l’envie de mêler cette forme cinématographique au patrimoine insulaire.
Le film suit le parcours de Marie et Daniel (interprétés par Marie Bolbenes et Daniel Di Grazia) qui, quinze ans après avoir quitté la Corse, reviennent sur leur île pour retrouver leur grand-père. Souhaitant immortaliser ces retrouvailles avec le vieux caméscope familial, ils filment leur séjour. Mais au fil des images, leur voyage vire au cauchemar. Le final, spectaculaire et d’une grande brutalité, a choqué plus d’un spectateur, participant à la visibilité du film. L’œuvre s’inscrit dans le sous-genre de la folk horror, un courant où les croyances populaires et les traditions deviennent la source de l’intrigue.
Une histoire inspirée de la secte des Ghjuvannali
L’idée prend véritablement forme au début de l’année 2025. Après deux ans de réflexion autour d’un récit inspiré du folklore corse, il choisit de s’inspirer de l’histoire de la secte des Ghjuvannali, une communauté religieuse du XIVe siècle en Corse, considérée comme hérétique par l’Église catholique. « Je voulais raconter une histoire profondément corse, mais qui puisse parler à un public international », précise Baptist Agostini-Croce.
Justement, c’est aux quatre coins du globe que le film a connu sa première notoriété. Dès sa première mondiale, Heritage est sélectionné en ouverture de l’Unnamed Footage Festival de San Francisco, l’un des plus prestigieux rendez-vous du genre. D’autres sélections suivent au Canada, en Suède et en Italie, avant une invitation au festival Macabro, au Mexique, pour sa 25e édition. Le long métrage y est présenté en compétition aux côtés de productions aux budgets sans commune mesure.
Ce long métrage de 70 minutes a été tourné en août 2025, en cinq jours, avec un budget de 5000 euros et une équipe de six personnes. « On a tourné avec nos propres moyens. Toute l’équipe a accepté de se lancer dans cette aventure, parfois au milieu de la forêt à quatre heures du matin, sourit le réalisateur. Personne n’a compté son temps. Tout le monde avait envie d’aller jusqu’au bout. »
Une projection à Bastia, puis à Paris
Le choix du found footage a aussi imposé une préparation particulière aux comédiens. L’objectif est de faire croire au spectateur que les images qu’il voit sont tournées par les acteurs eux-mêmes. « En partant de ce principe, le spectateur ne doit jamais sortir du récit, insiste Baptist Agostini-Croce. Et dans cet exercice délicat, Daniel Di Grazia et Marie Bolbenes ont livré une brillante prestation. Leur complicité, construite tout au long du film, contribue largement à la crédibilité de l’ensemble de l’œuvre. »
Une œuvre que les Corses pourront découvrir le 20 août à 21 heures au cinéma U Paradisu de Furiani, avant une projection à Paris prévue le 11 septembre. Pour le réalisateur, cette séance insulaire a une valeur particulière : « Cela me tenait à cœur de présenter ce film au cinéma de Furiani, là où j’ai découvert mes premiers films et qui est le cinéma de ma microrégion. J’espère que le public corse prendra du plaisir dans la salle. »
Des discussions sont en cours avec plusieurs distributeurs pour une sortie sur les plateformes d’ici la fin de l’année. Une édition Blu-ray est également envisagée.
Laurent Di Fraja
credit photo : Elisa Timotei
Pour l’article web :
Le lien de la billetterie pour l’avant-première à Furiani le 20 août à 21 heures