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Les deux Hermione à Porto Vecchio

Les futurs occupants de « L’Hermione » de « Povo » sont loin d’être porteurs de l’Esprit des Lumières qui animait le marquis de Lafayette. Je doute qu’ils s’impliquent un jour dans le combat des « Insurgents » que l’on dénomme chez nous « Patriotti ».
Les deux Hermione

Les futurs occupants de « L’Hermione » de « Povo » sont loin d’être porteurs de l’Esprit des Lumières qui animait le marquis de Lafayette.
Je doute qu’ils s’impliquent un jour dans le combat des « Insurgents » que l’on dénomme chez nous « Patriotti » ou « Ribelli » .


Avril 2018, à l’invitation de la municipalité nationaliste, un magnifique vaisseau fait son entrée dans le port de Bastia. Il s’agit d’une réplique de la frégate L’Hermione qui a été en service de 1779 à 1793 dans la Royale. Ce navire de guerre de plus de 65 m de long était doté de trois mâts pouvant porter jusqu’à 2 100 m2 de voilure, armé de 36 canons et servi par un équipage de 255 hommes. Il avait permis en 1780 au marquis de La Fayette de gagner l’Amérique du Nord pour se joindre aux « Insurgents » qui, sous le commandement de Georges Washington, luttaient contre l’armée britannique pour défendre l’indépendance de colonies qui s’étaient constituées en Etats fédérés (USA) le 4 juillet 1776 (Indépendance Day).

Cette réplique de L’Hermione est issue de la volonté et l’action d’une association qui a eu recours à plusieurs sources de financement : subventions de collectivités publiques, dons de mécènes, recettes tirées de la visite du chantier de construction par des centaines de milliers de personnes.
Cependant le plus ardu et le plus méritoire a sans doute été d’identifier, réunir, coordonner et mettre en œuvre durant des années de multiples savoir-faire dans l'ancien arsenal de Rochefort (Charente-Maritime).
Ce qui a permis de relever deux défis : résoudre les contraintes techniques (sélection et utilisation de plus de 2 000 chênes, assemblage de 400 000 pièces de bois et de métal…), respecter l'authenticité tout en se conformant aux règles contemporaines de sécurité et en offrant un confort décent à l’équipage.

Pour la Corse, cette venue de L’Hermione a certes été un événement historique et festif. Mais celui-ci a aussi été l’occasion de présenter un exemple de ce qui peut se faire de grand, de beau et de durable et de profitable au plus grand nombre et à la mémoire collective, quand se mobilisent le rêve de quelques-uns, le soutien de collectivités et de mécènes et la participation de particuliers.

Un ensemble de béton

Mars 2021,
une autre « Hermione » annonce sa future présence en Corse. Elle ne fera pas que passer.
Elle va s’ancrer durablement à Portivechju. Sa venue est porté à la connaissance des populations de France, de Navarre et d’ailleurs à partir de supports publicitaires aussi criards que provocateurs. Sur ceux-ci, la Cité du Bastion et du Sel est dénommée « Povo ».

Cette « Hermione » ne sera pas la réplique d’une belle réalisation du passé. Il s’agira d’un ensemble de béton. Sa future présence aussi envahissante (emprise au sol de plus de 1000 m2) que durable n’aura été ni sollicitée, ni souhaitée par la municipalité nationaliste qui administre Portivechju depuis juin 2020. Pourtant, il faudra qu’elle l’accepte car un arrêt de la Cour administrative d'appel de Marseille en date du 28 septembre 2020 a ordonné l’obligation de délivrer le permis de construire. L’initiative de réaliser cette « Hermione » ne doit rien au rêve de quelques-uns et la concrétisation ne sera pas l’aboutissement du partage de passions pour l’Histoire, le Patrimoine ou la valorisation de savoir-faire séculaires. L’une et l’autre auront uniquement été dictées par la recherche de profits financiers d’une société d'investissement basée à Marseille qui aura su exploiter « L’amour de la Keurse » de quelques nantis.

J’en suis persuadée, la Corse n’a rien à apprendre ou gagner de ce type de démarche économique ou de ce genre de tropisme car les futurs occupants de « L’Hermione » de « Povo », sauf exception qui ne ferait que confirmerait la règle, sont loin d’être porteurs de l’Esprit des Lumières qui animait le marquis de Lafayette.
Quand ils seront propriétaires de leur appartement offrant vue sur la mer et défiscalisation au titre de la Loi Pinel , je doute qu’ils s’impliquent un jour dans le combat des « Insurgents » que l’on dénomme chez nous « Patriotti » ou « Ribelli » qui, depuis un demi-siècle, se battent pour la survie de leur peuple et un développement harmonieux de leur terre.

Alexandra Sereni
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