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Football : Le Sporting au gré des bars…

S’il est un endroit où l’on parle « Sporting », outre les réseaux sociaux,....

Le Sporting au gré des bars…


S’il est un endroit où l’on parle « Sporting », outre les réseaux sociaux, c’est bien aux comptoirs ou à la terrasse des cafés. Trump, Macron, le Mercosur et même les municipales passent bien souvent au second plan... Votre Rouletabille a fait la tournée des bars…


De fringants septuagénaires


La place St Nicolas nous sert de décor avec ses nombreuses terrasses et en 1er lieu le siège historique du club : le café des Palmiers où sont attablés de fringants septuagénaires.
- Oh, Ange, t’étais au match hier (NDLR SCB – Annecy : 0-2) ?
- Ne m’en parle pas ! Équipe fantôme. C’est la ligue 3 assurée.
Un autre habitué se mêle bien vite à la conversation
- Vous me faites rire ! On pouvait espérer quoi avec cette équipe et sans renfort notable au mercato ?
- Y a peut-être plus d’argent dans les caisses ?
- Les dirigeants sont volontaires, ils nous ont sortis du trou quand on était en National 3, mais au plus tu montes, au plus l’argent doit couler à flot. Ils ont peut-être atteint leur limite.
- Vouais, pourtant ils ont annoncé de nouveaux investisseurs ! Espérons que ça servira pour la saison prochaine. Bon, sinon ces élections, vous voyez qui en tête ici  ?

Une clientèle plus jeune

Le sujet changeant de thème, nous nous déplaçons un peu plus bas. La clientèle est plus jeune… mais le Sporting est là aussi dans les discussions. Un jeune homme brun, tout juste la vingtaine entame…
- Quand tu les regardes jouer, c’est affligeant, Y a pas de jeu, c’est même pas le niveau de National !
- Franchement après les derniers matchs contre Reims et Dunkerque je m’attendais à mieux. A Furiani ils jouent la peur au ventre.
- Aho ! la peur au ventre ! On était 10 000 derrière eux hier soir.
- Justement ! ils ont la trouille de mal faire ! Regarde, à l’extérieur c’est mieux !
- Le problème c’est l’attaque ! Le milieu et la défense subissent tout le match.
- Eh, c’est bien connu « Y a pas d’attaquants sur le marché ».
- O zitelli, on va se faire mal longtemps comme ça ? Il faut faire une croix sur cette année et basta. Il faudra rebâtir pour la ligue 3 ! C’est peut-être finalement ce que veulent les dirigeants. Vous reprenez un café ? Et on va se défouler au C5 ?

Et des quadras…

A deux terrasses de là, le Sporting est toujours dans les tasses. Des quadras cette fois.
- Moi je te dis, la fin de la saison va être galère. On a encore une toute petite chance, mais sur le terrain ils devront montrer autre chose.
- Mais est-ce qu’eux-mêmes y croient, est-ce que les dirigeants y croient ? J’ai l’impression qu’il y a que l’entraîneur qui y croit non ?
- Et si on en parlait des choix de l’entraîneur, tiens ? Certes il n’a guère de marge de manœuvre en attaque, mais quand même ! Devant ils font peine à voir !
- Ah c’est clair que les Lions de Furiani comme Orlanducci ou Marchioni, ils sont loin.
- Ben tu sais moi je pense que cette équipe a du potentiel, mais n’a pas l’âme du Sporting.
- Aho, mets des lunettes ! Hier soir ils ont toujours joué en retrait, même sur les touches. Déjà, le coup d’envoi raté de Tomi a donné le ton. Depuis le début de la saison le Sporting, pardon, les joueurs ne répondent pas présents dans les rendez-vous importants, les matchs clés. Et comme d’habitude on relance même les équipes à la dérive. Hier en face tu avais des morts de faim, des joueurs qui en voulaient. Nous on a été transparents. C’est une année noire, mais le positif c’est qu’on a quand même des dirigeants qui aiment le club. Certes ils commettent des erreurs, mais sans eux on serait peut-être encore en National 3. Rendons-leur cette qualité !

De jeunes pères de famille…

En bas de la place, alors que le carrousel tourne, nous prêtons l’oreille à deux jeunes pères de famille qui veillent sur leurs bambins fièrement juchés sur les chevaux de bois.
- Je comprends pas ! On est dans le rouge, on joue chez nous et c’est Annecy qui fait le jeu. Ils étaient sur tous les ballons. Chez nous y avait pas d’âme, pas d’envie.
- Patrick, c’est fini l’amour du maillot ! Y a que des mercenaires. À part quelques joueurs d’ici qui tentent de se révolter, mais malheureusement, ils sont limités techniquement. Je crois que tu peux mettre le meilleur entraîneur du monde, si les joueurs n’ont pas l’envie …. Le club a perdu son âme, du moins les joueurs, car nous on est là, on a le sang bleu comme on dit.
- Ils pourraient respecter le public quand même. On prend des abonnements pour se faire mal tous les 15 jours. Quelque part on est maso non ?
- Le Sporting, c’est le Sporting. C’est une institution depuis plus de 100 ans. Les dirigeants, les entraîneurs, les joueurs passent, l’entité Sporting reste. Et tu verras, même si on est en National l’an prochain, on prendra l’abonnement. Comme on dit le Sporting est éternel.
Le tour de manège qui s’achève met fin à la discussion, les deux pères récupèrent leurs enfants qui dans quelques années, c’est à parier, seront des accaniti.

Ph.J.
Crédit photos : Philippe Jammes
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